4 pages sur Migrants du Monde!

Dans l’édition novembre-décembre du magazine de Royal Air Maroc on peut trouver quatre pages sur le travail de l’atelier, ses débuts et ses objectifs:

Autour de la grande table de l’atelier Migrants du Monde, elles sont marocaines mais aussi congolaises, afghanes, irakiennes, syriennes, palestiniennes ou yéménites. Dans cet espace calme et apaisé, elles apposent, sur des tuniques et des robes légères, des points de broderie qui, comme elles, sont originaires de diverses régions du monde. Visite d’un atelier de broderie et couture qui témoigne de la richesse que l’interculturalité peut générer.

L’atelier Migrants du Monde est né fin 2011, après un défilé organisé par la Fondation Orient-Occident, destiné à présenter à un large public le travail réalisé par plusieurs migrantes inscrites à son centre d’accueil pour réfugiés et demandeurs d’asile. le succès rencontré a initié l’idée de monter un atelier de niveau professionnel “tout en restant artisanal et humanitaire, l’objectif étant qu’ils soit un lieu de formation et d’insertions ainsi qu’une source de revenus fixes pour que ces femmes puissent retrouver toute leur dignité” souligne Nathalie Freige, directrice du département économie solidaire de la Fondation Orient-Occident.

Haute couture solidaire

“Nous voulions lancer des collections qui rehaussent encore la beauté des des broderies un savoir – faire ancestral dont ces femmes du monde sont dépositaires” ajoute Nathalie Freige. Monsieur Neige, chef d’atelier chez Hermès, et la styliste Isabelle Camard, se proposent pour concevoir des modèles simples et à la coupe parfaite, inspirés du vestiaire marocaine traditionnel mais adaptés à un usage contemporain et axés sur l’univers de la plage et de la maison. Ceux-ci sont réalisés à base de lin, de voile de coton, de coton soyeux et de mlifa de haute qualité. Bientôt une collection de linge de maison vient compléter le catalogue. Souad Jahouchi, une chef d’atelier marocaine dotée d’une solide formation, est engagée afin de suivre au quotidienne la production et le formations.

Un lieu de dialogue et d’insertion

“Lorsque les migrantes arrivent, elles se forment d’abord durant un mois, deux parfois même. Au début, c’est n’est pas toujours simple pour elles. Chacune a traverser des épreuves, parfois terribles. Puis, peu à peu, le dialogue s’installe et elles prennent toutes leur place dans cet atelier que je considère une vraie famille” explique Souad Jahouchi. Elysée Camara, qui vient du Congo R.D.C. confirme, ajoutant “C’est ici que j’ai appris la broderie à la main. Ce travail m’a toujours stabilisé, ma fille et moi.” Leila Bourhim, marocaine, travaille depuis 3 ans à l’atelier. Si elle a partagé avec les autres femmes de l’atelier ses connaissances du dars, du point de Fès et du randa, elle a aussi appris de Cherifa, venue d’Afghanistan, ce point afghane qui fait désormais partie intégrante des collections Migrants du Monde, sans parler du point yougoslave, palestinienne ou irakienne et du point chainette. “On discute ensemble, elles apprennent l’arabe et elles nous parlent de leur pays, de leurs coutumes. Nous apprenons les unes des autres.”

Disponible dans le Showroom adjacent à l’atelier de Rabat, ces collections sont également commercialisées dans quelques boutiques haut de gamme de Marrakech ainsi que dans des boutiques éphémères en Europe. “C’est un projet de vie, cela prend du temps de nous faire connaître” souligne Nathalie Freige qui peut cependant compter sur l’énergie rayonnante de ces femmes qui mettent une part d’elles-mêmes dans ces “vêtements du monde”.